Avec le « Compte Nickel » les buralistes cherchent de nouveaux relais de croissance - Social Digital Marketing Blog

Avec le « Compte Nickel » les buralistes cherchent de nouveaux relais de croissance

Début 2014, la Financière des paiements électroniques (FPE), en partenariat avec la confédération des buralistes, lancera sur le marché, un nouveau produit bancaire :
le « Compte-Nickel »Ce produit simple d’accès et facile d’usage
(selon l’argumentaire de la FPE), possède tous les attributs pour séduire au delà de sa cible naturelle : les personnes peu bancarisées.

Le marché

Selon les chiffres de l’observatoire des inégalités, la France comptait 4,9  millions de pauvres en 2011 (selon une hypothèse basse) et 8,7 millions de pauvres (selon une hypothèse plus alarmante).
Ce chiffre a augmenté d’environ 1 million de personnes, depuis 2002. A partir des deux hypothèses envisagées plus haut, la population pauvre représente respectivement 7,9% et 14,3% de la population française. Depuis 2008, la situation a continué à  se dégrader malgré tous les amortisseurs sociaux en place.

2 millions de personnes sont « interdits bancaire » en France.

Chaque année, la fragilité économique et social entraîne pour les personnes à faibles ressources, des coûts bancaires subis exorbitants. Selon l’association de défense des consommateurs (CLCV), un petit consommateur paye environ 89 € de frais bancaires par an. Ce montant passe à environ 244 € pour un consommateur moyen et 565 € pour un gros consommateur.

 Selon la FEVAD, au premier trimestre 2013, 32 millions de personnes ont déjà acheté sur Internet. Compte tenu des craintes liées à la sécurité des transactions, on peut penser qu’à l’avenir, beaucoup de français précaires ou pas, pourraient rechercher des solutions de paiement complémentaires à celles dont ils disposent avec leur banque, mais moins exposées à la piraterie digitale.

Chaque jour, un peu plus de 10 millions de français fréquente un tabac-presse.

Ces chiffres montrent qu’une partie de la population est mal ou pas du tout servie par l’offre bancaire actuelle. Des initiatives comme le « Compte Nickel », peuvent faire florès à l’avenir.

Le Concept du « Compte Nickel »

« Le Compte Nickel » est un service quasi bancaire permettant aux utilisateurs de gérer leur argent au quotidien. Toute personne qui le souhaite peut ouvrir un compte chez un buraliste, sans conditions de revenus ou de dépôts. Ce compte sans chéquier, ne permet pas de faire de découvert, ni solliciter de crédit : contrainte qui lui donne toute sa souplesse et augmente paradoxalement son intérêt par rapport la cible visée. Ce compte donne droit à :

  • Une carte de paiement à débit immédiat (Mastercard) et utilisable partout
    ( France, étranger, magasin et Internet)
  • Un relevé d’identité bancaire (RIB) pour domicilier ses revenus et faire des virements…

Les Eléments opérationnels

Quels bénéfices produit ?

  • Une solution simple et sécurisée
  • 5 minutes (selon les dires de la FPE), pour ouvrir un compte
  • Les attributs d’un compte bancaire classique sans les désagréments (coûts exorbitants, lourdeur de fonctionnement…)
  • Des tarifs attractifs

Des tarifs inférieurs à ceux du marché

Le pack tarifaire se compose :

  • d’un abonnement annuel d’environ 20 euros, donnant droit à une carte de paiement classique, un RIB, la gestion du compte sur Internet et sur mobile.
  • d’opérations facturées à l’unité : chez les buralistes partenaires, les retraits d’espèces sont facturés 0,50€. Dans les distributeurs de billets, les retraits d’espèces sont facturés 1€.
  • de services facturés à l’acte : les dépôts d’espèces chez les buralistes partenaires, sont facturés 2% du montant mis en dépôt; le renouvellement de la carte perdue ou volée est facturé 10 €. Enfin, appeler le service client SOS Nickel, coûtera le prix d’un appel local.

Selon la FPE, le coût annuel du compte -sur la base d’une estimation prenant pour référence six profils de clients- varie entre 20€ et 53,60€. C’est environ 3 fois moins cher que les banques classique. Le  réseau bancaire gagne beaucoup d’argent grâce aux frais occasionnés par les incidents de paiements. Frais supportés de manière plus lourde par les personnes en difficulté.

Si les basiques sont attractifs (convergence produit/marché), rien ne dit que le succès est garanti. La réussite de ce service va dépendre de sa capacité à prouver et à installer la valeur ajoutée promise et à entraîner les buralistes dans ce mouvement.

Un puissant canal de distribution

En donnant l’exclusivité de la distribution de ce service « hors banque » au réseau de buralistes et en prenant 5% du capital de la Financière des Paiements Électroniques (FPE), la Confédération Nationale des Buralistes (CBF), dit clairement tout le bien qu’elle pense de ce produit. Avec 27 000 buralistes dans toute la France et plus de 10 millions de clients-utilisateurs par jour, le réseau des buralistes, apporte à ce service une force commerciale inespérée, pouvant accélérer son usage et son adoption par le plus grand nombre.

A la recherche de relais de croissance pérenne pour compenser la baisse structurelle de leur chiffre d’affaires adossé à la vente de cigarettes, les buralistes financièrement intéressés par la vente de ce service, constituent le réacteur principal de la fusée « Compte Nickel ».

Conclusion

Voilà un service novateur et séduisant sur le papier mais qui doit prouver son intérêt et sa valeur d’usage au jour le jour. Il peut être une réponse pratique pour les personnes aux finances précaires qui sont de plus en plus nombreuses.Mais aussi pour celles qui souhaitent par exemple se doter d’un deuxième compte pour ne l’utiliser que sur Internet afin de réduire les risques portés par l’utilisation de sa carte principal lors des achats en ligne. Le potentiel est là, le script est prometteur, mais l’histoire reste à écrire…

plus de détail sur « Le Compte Nickel »

Posté dans Marketing par KAMEL LEFAFTA le 23 octobre 2013.
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